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jeudi 29 avril 2010

Odeur de muse

ou le printemps a son odeur :


Le chat il a déposé une musaraigne crevée dans mon bureau.

J'ai mis trois jours à m'en rendre compte.
(par contre j'avais bien remarqué une odeur suspecte).

il m'aime.

J'ai des sentiments mêlés.
Il y a une marée noire qui me file le mal de terre.
Je suis hantée par une musaraigne en décomposition, échouée en plein milieu de mon bureau.
J'ai mangé trop de milky way.
Je suis la jardinière d'un mini-cimetière, je camoufle les meurtres de mon chat, complice avec une mini-pelle.

...

une bougie éteinte, une vieille couverture disparue, des rollers introuvables, une musaraigne étranglée, la pub à la radio, les sweats à capuches, les chansons de Miossec, une assiette cassée, les cheveux mouillés, la pleine lune.

...

Heureusement, j'ai fait des écorces d'oranges confites.

Lili
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mardi 27 avril 2010

Les feux de l'amour

ou astigmatisme de mots tordus :

Je ne peux plus venir ici, je ne peux plus venir chez vous, j'ai un œil qui clignote quand je reste trop longtemps devant l'écran.

Alors je viens moins, ou je reste moins longtemps.

Je suis sans nouvelles de vous : j'imagine que vous faîtes rougir les tomates, que vous travaillez moins, que vous êtes insomniaques les nuits de pleine lune, que vous rêvez souvent, que vous avez les cheveux violets, que vous êtes souvent tout nus, que vous fondez un groupe de rock.

Ici les salades sont sèches, le chat est enrhumé, je fais des bananes flambées au whisky, j'ai acheté des chaussures, un body et une robe à plumes.

Et mon double fait des sablés à la tomate.


(double)

Lili
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lundi 26 avril 2010

Complainte pourrie

ou mélomanie de la pluie :

Je suis née en été.

Allongée sur le dos sur mon lit, je réalise que si l'on pleure alors qu'on a la tête en bas : les larmes coulent vers le haut, du monde.

J'entends le chat qui grimpe sur le toit, ses griffes, sur les ardoises, qui crissent.
J'ai l'impression que le toit va me tomber sur la tête, qui est à l'envers.

Je n'aime pas les jours de froid.

Aujourd'hui, les pâquerettes ne se sont pas ouvertes.

Par la fenêtre, la froidure du vent vient me glacer les doigts de pieds, la pluie fine rebondit.
Et le chat trempé vient aussi ce mettre à l'abri.
Il sent le mouillé, et le pissenlit des champs.

Ce soir, il va y avoir de l'orage. Il faut que j'aille rentrer mon linge.


Lili
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jeudi 22 avril 2010

Peau rouge, peau dure, mais peau fine

ou chroniques d'un jeudi :

Chabadabada... chabadabada...

Il est là avec ses grands yeux clairs, je lui saute dans les bras pour le renverser sur le lit comme une scène d'un joli film d'amour.
Pour qu'il tombe à la grâce d'un ralenti, en rebondissant sur la couette.

Mais emmenée par l'élan, je tombe sur lui et me prends les pattes sur le bord du lit. Je me gamelle en me cognant le bout du nez sur le matelas.

Aie.

J'ai fait des sablés aux fraises tagada et en forme de hérissons : on dirait des hérissons au beurre, roses comme des petits cochons.
Je les ai grignoté à la fenêtre en écoutant un album de chant de baleines.

Les kiwis bretons ont du poils derrière les oreilles.

J'enferme des figues séchées dans de gros bocaux, j'aime bien on dirait des organes flétris par le formol. Alors que les figues fraiches ressemblent à de gros hématomes violets.

Le chat a ramené un bébé taupe vivant dans la cuisine.
Je lui ai dit non pour les bébés taupes, mais si il trouve un bébé poney il a le droit.
Je suis allée libérer le bébé taupe au fond du jardin, et en revenant à la maison mes seules pensées furent :
"j'aurai dû le prendre en photo personne ne va me croire".


(pyramide)


(blessure de guerre)
(le fer à souder et moi)

Lili
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mardi 20 avril 2010

Sur le toit

ou surveillance :


-"vas-y passe d'abord, je te suis ensuite"

Il se faufile dans l'entre-bâillement du velux, passe d'abord la moitié du corps et se retourne acrobatiquement, sans lâcher sa prise, il s'accroche aux ardoises avec ses griffes pour continuer sa montée.
Il a la technique maintenant : il est déjà tombé 3 fois du toit.

J'essaye de sortir sans coincer ma jupe à volant dans la poignée de la fenêtre.

Il m'encourage : "passe ta jambe là, puis bascule tes fesses de l'autre coté, attention où tu mets ton pied, dépêche toi il va pleuvoir, voooilà".

Je peine carrément au moment de me retourner, (et si la fenêtre se décrochait ?) Faut que je me dépêche je ne veux pas tomber du toit si elle se décroche.
Et puis je galère pour passer la tête, je suffoque coincée quelque part, mince mon crâne est plus gros que ce que je pensais.

Sans compter que j'ai le vertige.
(ne pas regarder en bas, ne pas regarder en bas).


Finalement je rejoins le chat, je pleure un peu en silence parce que je me suis fait mal.
Le chat est fier de moi ça se voit dans sa manière de me regarder avec le nez levé.

De là haut, assise en deux : les genoux collés aux joues, la marinière dans le vent, je vois tout.

Lili
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lundi 19 avril 2010

Le paradoxe de la culotte rouge à pois blancs

ou ma confiance en moi se trouve sous ma jupe :

Cette culotte rouge à pois blancs m' a causé des tracas.
J'ai décidé qu'acheter 6 culottes pour pouvoir avoir 1 culotte rouge à pois blancs pouvait être compréhensible. Mais se retrouver avec 5 culottes ternes et ennuyeuses car ni rouge, ni à pois, était un bien triste sort.

J'ai donc eu une idée et de la peinture pour tissu.

Je suis maintenant l'heureuse propriétaire de 5 culottes peintes par moi-même.

Et J'ai découvert que dessiner sur les culottes m'apportait une jouissance mignonne.

Le plus agréable sur cette histoire de culottes : c'est que porter une culotte dessinée c'est surtout savoir que l'on porte une culotte sur laquelle on a dessiné. Et que personne d'autre ne le sait.

Et bien, ça me donne des ailes, de l'assurance, et ça me fait rire toute seule.


Dessiner sur mes culottes a changé ma vie.

Lili
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dimanche 18 avril 2010

Je n'ai pas besoin de nouvelles bottes

ou dompteuse de petites morts :

L'amoureux tond la pelouse.

Je suis dans le jardin, en robe à fleurs, étendue sur le bout de pierre chaude.

A coté de moi, le tas d'herbes mortes grandit : l'amoureux vient régulièrement y déverser le ventre de sa tondeuse.
Le tas grandit, je n'ose pas lui demander de le mettre plus loin.

Plus loin, avant que je finisse ensevelie par le tas, avalée et asphyxiée par son odeur âcre.
Si l'amoureux m'oublie je suis foutue.


(je vais peut-être mourir sous de l'herbe sale un dimanche d'Avril)

Alors que j'aurai pu passer cette prochaine année à bosser quarante heures par semaine pour un emploi rémunérateur mais éthique (assez en tout cas pour me donner une bonne conscience en rentrant chez moi).
Avoir donc l'illusion de sauver la planète et utiliser sans complexe 50% de mon salaire pour m'acheter des meubles Ikea et des bottes de grandes marques.

Sans oublier de vivre dans un 50m2 parisien pas assez chauffé, avec un chat fou et des colocs qui changent à intervalle régulier.
Et penser à penser à changer l'ampoule de la cuisine.
Ou penser à caresser la possibilité d'avoir des relations amicales voir sexuelles, avec le coloc quand la fin du bail se rapprocherait ; ou penser à ma nouvelle paire de bottes.

Et je pourrai dramatiquement être privée de vacances parce que les volcans islandais ficheraient par terre mes deux semaines de trekking au Congo.
N'avoir plus comme solution que d'aller marcher toute la nuit le long du canal saint-martin en espérant pouvoir y trouver quelque chose.


Donc je préfère risquer de périr pieds nus, sous une avalanche d'herbe sale.

(Penser à la mort c'est comme descendre d'un arbre la tête d'abord )
(on appelle ça l'élégance féline je crois)


Lili
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jeudi 15 avril 2010

Le drame de la robe jaune

ou ne pleure pas poussin :

Il m'arrive de faire régulièrement des conneries (utiliser un fer à souder notamment).
Mais je n'ai jamais porté une robe jaune.
Ni même une jupe, ou un jean jaune, ou encore pire des bottes, ou des sandalettes jaunes.
(j'ai des collants moutarde par contre)
(je ne porte plus de sandalettes depuis mes 7 ans)

Je n'ai jamais tué un animal pour le manger ensuite. Je ne mange même pas de champignons, de tomates douteuses, d'avocats, de curcuma, de thon rouge, alors une fourmi même hargneuse c'est impossible...

Il m'arrive régulièrement de me parler à moi-même. Enfin pas vraiment à moi-même, car je m'invente un double qui fait souvent la moue et qui a un sale caractère.
Parfois, je l'invite à manger, je mets un couvert de plus en face de moi, et je l'imagine en train de dévorer les sablés avec des yeux de fous (chair de poule).

Mais je n'ai jamais vouvoyé le chat.


Si je pouvais vous donner un seul conseil :
venez-vous enfuir avec moi dans une cabane, n'achetez QUE des jolis choses, tutoyez toujours un chat, ne filez pas vos tunes aux cons, et regardez BIEN DE CHAQUE COTE avant de traverser la route, jouez du yukulélé, et ce soir mettez un couvert de plus pour inviter votre double pas sympa à manger.


Sinon, je suis ceinture marron de karaté.

(vertige)

Lili
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mercredi 14 avril 2010

George c'est toi ?

ou obstination débile :

(flou de printemps)

J'écris ici tous les jours.

C'est un rituel presque parfaitement réglé : car il m'arrive d'oublier de venir (j'avoue c'est la faute à
la gueule de bois, à la page blanche souvent).

J'écris ici comme un réflexe perdu de mes doigts, sur le clavier.
Souvent ça commence d'une idée bizarre, au fond.


Et chaque matin, je me dis que je ne vais rien écrire aujourd'hui, et le soir je raconte ma vie (un peu).

Mais vous et moi c'est vrai qu'on ne se connaît pas.
(on se vouvoie tu crois ?)


Je ne sais pas qui vous êtes, si vous êtes beaux, si vous portez des lunettes, la moustache, les yeux clairs, ou un béret vert (je perds toujours à "qui est-ce?").

Moi je raconte beaucoup de bêtises ici, des choses mignonnes et d'autres pas.

Je manie très mal les fers à souder, et donc j'ai une cicatrice sur la main gauche depuis avant-hier.

Quand je serai grande, j'écrirai un livre de cuisine.

Je n'ai jamais fait de karaté, je n'ai jamais porté de robe jaune, je n'ai jamais mangé chez flunch, je n'ai jamais tué un animal pour le manger ensuite, je n'ai jamais été en Asie, je n'ai jamais été opérée de l'appendicite, je n'ai jamais épluché de poireaux, je n'ai jamais eu les cheveux jusqu'aux fesses, je n'ai jamais vu de chameau, je n'ai jamais touché un serpent, je n'ai jamais vouvoyé le chat.

(une de ses affirmations est fausse)

Et sinon il y a Juhlya (je n'arrive jamais à écrire bien son nom du premier coup), qui aime les dinosaures et qui a écrit un joli texte sur un mystérieux Momo ici.
Il faut aller la lire.

Lili
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mardi 13 avril 2010

L'élégance dans toutes situations

ou pistache :

-"Oh mon minet minou, mon chat fou, mon noir et blanc, mon poilu, mon tupudupoil tu sais : arrêtes de voler ma bouffe, t'as encore piqué du gruyère tout à l'heure.
(connard).

Et arrête de me réveiller 10 minutes avant le réveil, arrête de me regarder quand je déjeune et quand je mâche mon muesli ça me déconcentre j'aime pas, et arrête de préférer l'amoureux à moi.

Arrête de me voler mes bagues aussi, arrête de te moucher sur mon coté.

Ah oui et arrête de faire tomber les jolis oiseaux sur l'herbe, j'ai plus de tombes dans le cimetière d'oiseaux.

Réponds moi quand je te parle.

T'as une tâche en plus."

- "tu parles trop, tais toi enfin (petit point d'exclamation).
C'est quand que je pars en vacances?
Tu sais tu as l'air bête avec ton air fâché.
Arrête de crier tu fais peur aux piafs.
Fais gaffe y a un caribou qui bouffe ton lacet.
C'est pas une tâche c'est l'art du camouflage en milieu rural
(tu es une pétasse qui se balade en robe à fleurs dans un champs pleins de crottes)"
.


Lili

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lundi 12 avril 2010

Le syndrôme de la culotte rouge à pois blancs

ou fessée d'Avril :

Je ne peux plus travailler, je me suis blessée avec mon fer à souder (j'ai une vie dangereuse).

Je me suis réalisé un joli, précieux, trou dans la main gauche. Ma peau a fondu comme neige au printemps, j'ai un trou à la place d'une partie de ma main, ça pique un peu. C'est moins pratique une demi-main gauche.

Donc je suis allée faire les magasins.

J'ai acheté un lot de 6 petites culottes de toutes les couleurs.

Et des vestes à fleurs, une jupe trop courte, et un tee-shirt trop grand, gris et transparent. Je ne le mettrai jamais.

Le problème je crois : c'est que dans le lot de 6 culottes : il y avait une culotte rouge à pois blancs.

Mais juste une.

(c'est malin c'est ma préférée).

Je l'aime : elle ne va avec rien surtout.


Lili
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dimanche 11 avril 2010

Cannée et poivrée

ou le jus de la voisine coule sur la nappe cirée, avec des tournesols dessus :


Je vais boire le café chez Maurice et Simone, qui habitent la maison du bas.

Simone prend une chicorée : elle pourra t'expliquer qu'il y a 16 ans elle est tombée après la traite des vaches, elle est restée un printemps dans les "bras du seigneur". Depuis elle a mal aux yeux, elle mal à la tête, elle a une canne, elle ne boit plus de café.
Un anévrisme chuchutera Maurice avec des petits yeux verts.

Le café chaud au goût de cannelle : il est pour moi.

Maurice non plus n'en prend pas : il prend du café froid : du rouge dans un verre pyrex, avec son âge dans le fond.

Maurice et Simone ont cassé un carreau de la fenêtre.

La dernière fois c'était le carreau de la porte en voulant huiler les gonds.

Celle d'avant, il avait cassé la clef dans la serrure.


Je les soupçonne de maltraiter leurs carreaux pour m'inviter. (ou de jouer au ballon).

On regarde le carreau cassé en touillant, le chat moche (le leur) passe délicatement par sa nouvelle chatière : il rentre le ventre sous les poils et passe sans éclat.

Il fout des croquettes partout, l'horloge fait tic tac.

Maurice parle de ses tasses avec des moutons dessus, Simone parle en même temps de la voisine du dessus.

Et moi je souris avec leur conversation qui fait voler mes mèches de cheveux.

Finalement le café est fini, on se met d'accord, je dirai à l'amoureux de venir réparer le carreau.


Lili
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vendredi 9 avril 2010

Choux-fleurs et Brownie

ou faire de la natation synchronisée sans eau :

En ce moment, je suis dans une grande réflexion sur le bonheur.

Est-ce qu'écouter Stéphane Eicher rend heureux ?
Est-ce que mettre des rondelles de bananes dans la salade rend heureux ?

Remplir fictivement mon bac à compost de corps mous, morts, tués, découpés et mal-rangés apaise t-il ? Rend t-il heureux ?

Le fils de la voisine est un moyen vieux mal-aimable (d'ailleurs ce sont les vieux comme lui qui donnent une mauvaise réputation aux vieux).

Le fils de la voisine vient souvent chez sa mère.
Il a toujours sa chambre là-bas (peut-être est-elle bleue ?)
Il y amène ses conquêtes.

Il a 52 ans.
Il est marié.

Il a l'air heureux.

Je fume la pipe sur ma terrasse, sur mon rocking-chair.
Sur mon carnet bleu, je note les maîtresses, les jours et les coupes de cheveux.


Blonde, lundi 8 Mars, 17h12.

Queue de cheval haute, lundi 19 mars, 13h30.

Mireille Mathieu, jeudi 25 Mars, 12h58.

Au carré, vendredi 2 Avril, 19h43.

Petite et châtain, avec un sac à dos en cuir (mignon), vendredi 9 Avril 16h15, pour le goûter.

Est-ce que les sac à dos en cuir rendent heureux ?

Est-ce que les collants à fleurs rendent heureux ? Et les collants bleus ?
La pipe l'après-midi ? Les goûters crapuleux ? Les clowns ? Les oiseaux en papier ? Les croquettes de régime ? (oui selon le chat fou) ; les livres de recettes ? Les fruits confits ? Écouter Stéphane Eicher en boucle ?


(collection de collants)

Lili
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mercredi 7 avril 2010

Les chats ont de la chance ils peuvent lire dans le noir

ou le syndrome du truc en trop, de l'armoire trop pleine, de la maladie imaginaire, du ketchup, et des salles d'attentes des docteurs :

Le liquide vaisselle orange, les porte-clefs de personnage de BD, l'odeur de la tomate, les cahier à grands carreaux, la voix de Renan Luce depuis qu'il n'est plus drôle, les jours de nuages gris, les manuels, l'ail.

Je n'aime pas non plus les rhumes carabinés des mois d'Avril, les grandes rues, attendre les docteurs dans les salles d'attentes.
Je n'aime pas les couverts encore humide de l'eau
de rinçage de la vaisselle .

J'ai lu le bouquin du Dr David Servan-Schreiber ce qui m'a achevé complètement dans ma paranoïa médicale (déjà que j'avais une migraine soupçonneuse), et j'ai regardé 3 épisodes de grey's anatomy pour me faire plus de mal ensuite.

Mais plus grave que toutes les maladies que je m'invente, j'ai retrouvé mes escarpins beige.

On a tous dans notre garde robe LA fringue que l'on assume pas, le truc en trop qui prend la poussière, le truc acheté sur un coup de tête : des bottes de cow-boy, un top à franges, une broche en forme de souris ou de cupcake, un diadème, un hairband, un corset, un truc à poil, une boucle d'oreille avec des plumes, un cuir rouge, un rouge à lèvre, un body ( mais je réfléchis sérieusement à l'éventualité grave et vicieuse d'en acquérir un).

Moi, j'ai re-découvert mes escarpins beige.
Je ne les mets jamais.

Je mange des choux-fleurs et des kiwis (régime du docteur Servan-Schreiber).

Mais chaque jour, j'ai le dos qui se bloque un peu plus.
Maintenant j'ai une vertèbre au milieu qui ressort comme une bosse tordue, une pierre d'os, une boule dans le dos, un coude, un trésor, une énigme, un sujet de conversation, une raison pour aller draguer le kiné, pour dormir sur le ventre et prendre toute la couette.



(collection)

Lili
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mardi 6 avril 2010

Tu es mon blanc d'oeuf et je suis le jaune

ou le syndrome du rouge-gorge rend d'humeur chafouine :

Je soupçonne le chat de fouiner dans mon agenda : il doit repérer les jours marqués d'une croix pour me rendre la vie impossible ces jours précis.
Mes jours de faiblesses.

Il sait que je traîne au lit tard, que je grommelle toute la journée, que j'ai mal à la tête et que je mange du chocolat. (trop)

Donc il se fait le plan de me miauler dessus à longueur de minutes (c'est long), il vole le chocolat, il devient affreux, il devient insupportable.
Il arrive même à moduler la fréquence sonore de ses miaulements pour qu'ils ressemblent à des cris de rats sauvages.

Tapie sous la couette ses miaulements étouffés arrivent jusqu'à moi : on dirait qu'il me crie "dégage dégage déééééééé ------ gage dégage".


Et 5 jours après il redevient une fouine douce sans personnalité qui passe ses journées à dormir sur le dos et à manger ses nouvelles croquettes sans mâcher même.

(truc)

Lili
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lundi 5 avril 2010

Tiens le bonheur par la queue (pensées inutiles)

ou lundi jour férié :


«Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de n’avoir pas à discuter avec la maréchaussée»
Georges Brassens

(rien à voir avec ce qui suit)

(ou si)


Je ne sors pas de chez moi sans avoir fermé le bouton de la cuisinière 3 fois, sans avoir passé un coup d'éponge sur la table, roulé mes chaussettes en boules, fermé la porte de mon atelier, ouvert la porte de la salle de bain et sans avoir lissé mon porte-clef du bout du doigt.


C'est le printemps : j'ai sorti les draps verts, j'ai perdu mes lunettes de soleil, j'ai retrouvé deux shorts dans le fond d'une vieille valise. J'ai des plumes bleues aux oreilles, les yeux noirs et beige, les pieds vernillés et le chat a un rhume (il renifle toute la journée mais et il prend ses antibiotiques).


Dans la poche arrière de mon short, j'ai retrouvé un ticket de métro passé à la machine.


C'est le printemps : j'ai pris mon premier café en terrasse.
Et j'ai lu mon premier roman en terrasse dans mon jardin en fait.

(Paris je me fais les pieds vernillés ici.)

Je repense à mon 50 m2 à Paris, les courses au franprix, les apéros after works, Pigalle, Opéra, les tickets de métros, les chips pas bonnes, les pistaches, le voisin et sa guitare, l'épaule du chatloc, la Gare de l'est, le bus bondé, la petite pharmacienne, les murs violets de ma chambre, le vélib cassé, les pique-niques aux buttes chaumont et le pétillant le dimanche après-midi, Paris la nuit, Paris quand il pleut, Paris quand il fait moche, les pigeons méchants, le cerisier de la place Litz, le mec qui fait Samantha et me sourit à la terrasse du café d'à coté, Sinclair qui boit sa bière devant chez moi, le voisin d'en face et ses bouclettes, les kirs à la violette, les congélateurs pleins de boîtes Picard, les macarons du Marais, les BHV (horreur du samedi après midi), les romans de Sylvie Testud, les films de Christophe Honoré, le chat fou qui a tué mon Yucca, le café Etienne, le H&M des Halles, les bars à vins de Bastille, les restaurant à tapas bondés, la mauvaise sangria, le ciné à 8 euros.

Ici, je suis en terrasse dans mon jardin avec du café meilleur que le café du café, en utilisant la fenêtre de ma douche comme passe-plat (sans renverser).
Je suis mon propre patron, je suis un chef d'entreprise pieds nus et violets. (et j'ai les ongles des mains verts).
Mon amoureux sort de son atelier pleins de sciure, on n'entends plus son rabot grogner.
Il sent le bois coupé et il a de la poussière pleins les cheveux et les cils gris comme un petit vieux.

J'ai des fourmis dans la tête, et j'attends le premier cassis du jardin.

Et je regarde le chat jouer avec sa proie dégueulasse (encore).
(le cimetière d'oiseaux se remplit et mon cahier aussi).


Lili
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samedi 3 avril 2010

Billet anti-bouledogue français (même les mignons)

ou sale attente :

(Dehors c'est la tempête et je mate les fesses du mec sur son échelle, il fume, et remet l'enseigne du vétérinaire sur le fronton du toit, et plisse des yeux, et remonte son pantalon : tout ça en même temps (j'adore les hommes à tout faire)).


1h15 dans la salle d'attente du vétérinaire à supporter les regards désespérés de mon chat.

Et ses miaulements d'abandonné dès que quelqu'un rentre dans la salle, pour attirer l'attention.

1h15 dont 20 très longues minutes face à un bouledogue noir et blanc hargneux qui m'aboie dessus (car j'ai une tare : je suis propriétaire d'un chat noir et blanc qui pue).
Le chien moche (clic) a réussi à épuiser toutes mes défenses et mes réserves de patience.

Et la page 133 de mon livre est très triste, et je mouille ma blouse de peintre de mes larmes de suie (je n'ai pas eu le temps de me changer).

Et le chat renifle.

Je ferme le bouquin trop triste, et cherche à jeter un regard méchant et dur au bouledogue.

Ce tas de muscles de 20 cm fait la terreur dans la salle d'attente.

Il terrorise moi et mon chat, la fille d'à coté et sa mère et leur chat (un siamois fier), et le paysan qui a une brebis couchée dans son champ et qui attend le résultat des analyses.
Tous assis les jambes croisés, crispés, nous sommes la cible de l'agressivité de ce chien.


Et au bout de sa laisse, une fille triste, avec des bottes pointues et des mèches blondes.

Finalement il aura son vaccin et on l'entendra hurler à l'autre bout du couloir. (et il est ressorti en trottinant et en grognant sur les jambes de la fausse blonde.)

Après, rentrés à la maison : le chat refusera de prendre ses antibiotiques, croyant que je cherche à l'intoxiquer avec de l'arsenic en forme de sucre.

"Mon pauvre chat tu vas prendre tes antibiotiques hein ? Et soit gentil, soit mignon, guérit, et pense aux petits rouge-gorges que je te laisserai attraper après, et je pousserai même des cris de frayeur face à leur cadavres raides pour te faire plaisir."

Mine de rien, mon petit chat fou malade ça me bouloche les nerfs et je triture mes chaussettes en fil de coton rose pâle (il fait froid).

Je nous ai fait un Irish Coffee donc.



Lili
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