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lundi 31 mai 2010

Papillons de nuit

ou une sauvage en k-way, avec les cheveux roses :



Là bas, c'est le seul endroit où les parapluies sont interdits. J'ai pensé à amener mes bottes, le sac à dos, et le poncho vert en kway.

Le champ est plein à ras bord, une foule de sourire et de mains levées.

Je suis assise sur l'herbe avec ma bière, un despé qui vient souligné élégamment ma semaine de régime sans blé. Bravo.
On va dire que c'est de la tequila.

Un jeune homme me soulève de la foule, je renverse ma despé sur les autres tant pis, et il me prend sur ses épaules. J'y vois mieux perchée ainsi.

J'enfonce mes ongles dans la jungle de ses cheveux, mes jambes à son cou je m'accroche pour ne pas tomber car il a l'air de tituber, vu de là-haut.

Et de là haut, je vois la foule derrière.

Je suis peut être la première à sentir les premières gouttes de pluies.
Une pluie normande qui glace une foule festivalière.

En un soupir, la foule multicolore va se parer de marron verdâtre. On a tous le même k-way moche.

On va tous avoir les joues collées à la capuche et les mèches de cheveux qui nous barrent le visage.

On oublie qu'on aime pas écouter Miossec d'habitude.

On est en enfer tu crois ?
Des fantômes de k-way, aux yeux hagards, parfois troubles ; aux godasses dégueulasses.

Les lacets dans la boue, les mains dans la foule, les genoux boueux, la même crasse sur le dos.

Des fantômes qui dansent dans la boue, les bras tendus, les doigts écartés, pour se frôler en faisant bouuu.

On tape du pied, saute dans les flaques, bouge, saute.

les tâches de rousseur sur le visage, laissés par les traces de boue.

La nuit tombe les étoiles scintillent.
On va dormir dans nos bagnoles, les ailes toutes chiffonnées.


Lili
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mercredi 26 mai 2010

Sanguine

ou chroniques d'oranges amères :

En petite tenue sur le banc devant la table à manger, je médite : pourquoi cette brosse à cheveux Hello Kitty est sur la table à manger ?

Je déjeune donc à coté d'une brosse à cheveux remplie de cheveux noirs et de poussière grise.

J'ai un nouveau régime, ou une nouvelle bille en tête, une folie alimentaire, un tic de trop, un nouveau truc pour faire mon intéressante : j'ai décidé de ne plus manger de blé.
Pour voir.

Il n'y a rien de plus délicieux que l'alliance de la saveur du chocolat au lait et du jus de pamplemousse rose.

Les triangles d'oranges sanguines feront mon festin de l'après-baignade.
Ils me donnent l'impression d'être une sauvage en nuisette, avec mes triangles d'oranges sanguines : c'est une salade à l'aspect barbare. Une salade nature.

L'amoureux descend à pas doux l'escalier. Il craint certainement de découvrir que, prise de folie, j'ai dévalisé les placards à la recherche de muesli. Muesli remplit de blé et d'avoine, INTERDITS.

Le muesli de l'interdit dort dans le buffet. J'ai jeté la clé.

L'amoureux dansera dedans, et devra croquer dans mon orange.




Lili
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lundi 24 mai 2010

Chroniques ordinaires

ou frêle poésie :

Je bronze en bikini à rayures.

Le chat parabole boude.
La pâte à pizza lève.

J'ai encore des nouvelles chaussures.

On est lundi, mais on se croirait dimanche.
Les vieilles pies chantent.

Il y a de la salade de fruits. J'ai un projet de congélateur, je fais collection d'araignées, j'ai de la peinture rose. Je peins en bikini.

Je me découvre sage, posée, calme. Étrangère.
Et bronzée du ventre. Et j'ai de la peinture rose sur le coté gauche.

Le calme avant la tempête, en quelque sorte.


(parabole)

Lili
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mercredi 19 mai 2010

Le plus bel endroit pour se balader en sweat à capuche et en culotte à pois

ou les fauteuils passent pas dans l'escalier je les jette du velux ?

(dino)

J'ai rangé ma robe American Apparel et mes sandales foulards.
Temps pourri.

Mais j'ai un nouveau salon.
Avant de tout déménager, je profitais d'une salle à manger gigantesque.
Et à l'étage, dans ma chambre, je faisais co-exister lit et salon : pour vivre en riquiqui, pour vivre serré, avec des bleus aux genoux, les magazines et les tasses de thé par terre.


Donc finalement, j'ai artistiquement descendu de l'étage, les deux fauteuils, et la table basse.
Par l'escalier, avec la technique du jeté roulé.

Au début, mon salon je l'avais plutôt imaginé, comme plus au moins exactement la page 13 du catalogue Ikea (les rideaux à rayures en moins).
Une bibliothèque lack, le canapé klippan avec la housse skatelöv, le chien bizarre dans son panier, les revues rangées, pas de poussière, pas de poils de chats.

Mon salon, c'est maintenant le plus bel endroit pour lire des romans danois.

Bon... par contre, je remarque que calée dans le fauteuil : je fais des interférences avec la radio.
Mais sur la table basse je peux peler des oranges au couteau à dents, et dessiner des étoiles.


Et puis y a pas à s'emmerder à aspirer tous les deux jours le tapis erslev : car dans mon nouveau salon, il n'y a pas de tapis.

Lili
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vendredi 14 mai 2010

je mange trop de légumes

ou manger 5 légumes par jour : rend débile :

(sandales à nouer)

Oui, hier j'ai pleuré devant la nouvelle star. Sur une chanson mièvre, dont je ne connais même pas le titre, ni l'air, ni le vrai chanteur.
En plus c'était en anglais donc j'ai pas compris le thème.
(ou alors c'est le gilet du mec qui est terrible aussi.)

Souvent, je dessine des étoiles et des cœurs sur les post-its du téléphone.

Je suis une femme légume : j'ai les cheveux spaghettis encre de seiche, les yeux noisettes, les cils oignons mouillés, les tâches de rousseurs lentilles corail.

Mais bon c'est normal que j'ai pleuré sur cette chanson, vu que je pleure aussi sur James Blunt (c'est pour ça que je ne l'écoute pas trop).

D'ailleurs, le chat aussi reniflait...
Bon, c'est peut être aussi parce qu'il a mal à la patte depuis qu'il est tombé du toit. Encore.


Je bronzais sur le gazon quand j'ai vu mon chat tomber du ciel,
j'ai faillit faire une mini attaque cardiaque.
Brrrr...


Depuis, le chat boîte.
Et je ferme le vélux.


Lili
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mercredi 12 mai 2010

La litanie du sommeil

ou incantations barbares :

(double moi)

Si certains ont des jolies choses à dire, allez-y :

Moi j'avais la tête pleine et le blog était fournit quand l'énergie parisienne, le stress, et la fatigue me faisait écrire ici.

J'étais Lili est insolente ou lili crie, lili est somnambule, lili est noctambule, lili court, lili est chiante, chienlit, chat fou, gobeuse de pluie.

Je trouvais de l'inspiration dans la Grippe A, la Sncf, les sushis, la Ratp, les insomnies, le champagne, le catalogue Ikea, le H&M des halles, le vernis OPI, les torses nus aux buttes chaumont.

Et je parlais tout le temps.

Aujourd'hui, je vis au calme, je vis dans des petits bruits et je ne sais pas écrire, ni décrire les bruits de mon quotidien.

Une rue de voiture parisienne je peux te la décrire : ça m'étouffe, m'assomme, m'énerve, me donne envie de me mettre de la peinture bleue dans les cheveux, d'écouter Adamo à fond... Ouais Adamo ouais.

Comment décrit-on :
Le bruit du réveil naturel ?
Le soleil sur mes paupières ? Les mains qui bruissent sur les draps ?
Le thé qui chauffe dans la casserole ?
Le bruit des pieds nus qui clapotent sur le carrelage ? Le bruit du sourire ?
Le beurre qui se débat dans le beurrier ?
Le beurre écrabouillé dans mes doigts pour les crumbles ?
Le soleil qui se couche ?
Le cri de la poule d'eau, et le chant des grenouilles ?

Le jour, ici, je suis enregistreuses de petits bruits, musicienne du quotidien. Sereine.
Et je n'écoute plus Adamo.

Par contre la nuit, je deviens Castafiore de mots crevés, folle à lier, à crier des mots grossiers, chanteuse en Allemand même.

La nuit je récite des littanies incompréhensibles et violentes.

Je suis grossière.

Je suis vilaine.

J'empêche l'amoureux de dormir paisiblement.

Lili crieuse dans les draps
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mardi 11 mai 2010

Joyeux anniversaire Emile

ou t'as pas vu ma facture ?

(écorce)

Dimanche soir, le voisin est revenu bien tard.

Il a ramené avec lui une boîte avec un écran plat dessiné dessus.
Et elle avait l'air lourde et importante dans ses bras joufflus, donc j'en ai conclus qu'elle contenait vraiment un écran plat.


Et, elle me trotte dans la tête cette boîte d'écran plat, car samedi 8 mai est férié donc pas de magasins d'ouverts.

Le dimanche 9 mai, c'est la fête de l'Europe certes, mais comme tous les dimanches, les magasins sont fermés chez nous.

Pourquoi revient-il donc un écran plat dimanche, et pas vendredi soir où il n'a ramené qu'une baguette à moitié mangée ?

Je suis sûre que dimanche c'était l'anniversaire du voisin.

Et puis qui offre un écran plat hein ?

Pour son anniversaire, il aurait mieux fait de demander un rateau (il m'emprunte toujours le mien), ou une bêche (il m'emprunte toujours la mienne).
Ou une nouvelle boîte aux lettres : la sienne est mal-écrite (le E d'Emile est de traviole).

Mon anniversaire c'est dans deux mois et six jours : mais j'ai demandé un gâteau à l'orange, un bâton de pluie, un cahier de recettes à remplir, un body en dentelle bleue (j'ai déjà un noir), un nouveau euh un autre chat noir et blanc : mais l'amoureux ne veut pas tant que je n'arrive pas à dresser le mien un peu.

Alors je regarde le chat en train de déchirer ma facture de téléphone avec les dents de devant et les pattes arrières.

Lili
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lundi 10 mai 2010

Haiku au coiffeur

ou fatigue et dégagé dans la nuque :

(avant le coiffeur)

le cœur
en mie de pain
et le sang gris

haiku du matin

J'ai testé le port du body en dentelle, c'est sympa on se sent comme dans un justaucorps 12 ans, ça serre, ça gratte, on se prend pour surya bonaly, et on se maquille trop.

Le chat s'est roulé dans l'herbe, il a les pattes vertes.

Arsenic, homéopathie, dentifrice à la menthe, polar islandais, "j'accuse", faire mes comptes, courir en chaussettes, nausée, dévédés déjà vus pleins de fois.

Je suis fatiguée, naufragée de mon week end Parisien, écrabouillée par les copains, les retrouvailles.

Cocktails, brocantes, american apparel, quinoa, vin rouge, rocking chair, vin rouge, squattage de canapés, vin rouge, rose, croissants, vin rouge, station service, j'ai toujours la crève.

Le chat a mangé les sablés de l'amoureux.

Ah oui, ...je me suis coupée les cheveux sinon.
courts

Lili
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mercredi 5 mai 2010

Futile cri du body

ou dentelles et chocolat :

(l'attente)

Mon colis Topshop est arrivé.
Je l'attendais depuis 21 jours.
Désespérément.

21 aller-retours à la boîte aux lettres dont 18 pieds nus et en robe.

Et ces 3 derniers jours, j'enfilais mes docs sales et je ne les quitte plus parce qu'il pleut.

Et que même le chat s'envole.

Je suis maintenant l'heureuse propriétaire des plus belles sandales du monde.
C'est cool comme ça je vais pouvoir les mettre la semaine dernière.

Je pense maintenant à l'intérêt d'avoir acheté aussi des chaussettes à pois (au cas où), un body en dentelle, et une robe beige avec un zip sur le devant (immettable).

Un body en dentelle, c'est comme un rouge à lèvre rouge : on l'aime bien mais on ne le portera jamais.
Mais c'est pire.

Un body en dentelle, c'est comme un éclair au chocolat coupé dans le sens de la largeur : on sait que l'on mangera l'autre moitié.
Et on sait que le body restera dans le tiroir à chaussettes, et on
continue à enfiler des marcels petits bateaux déformés sous nos pulls en cashmere gris.

Lili
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mardi 4 mai 2010

1997

ou no futur :

Il a la bouille d'un enfant. Et le corps d'un homme de dix-huit ans.

Il a le regard en l'air ou sur son archer.

Quand il joue du violon, il a le sourire aux lèvres.
Quand il joue de l'harmonica il a le sourire aux joues.

Il regarde les gens.
Vraiment beaucoup.

Il dessine des bonhommes et les entoure de mots russes.
Si tu lui demandes la traduction des mots, il te répondra que ça ne se traduit pas mais que ça veut dire plein de choses.

Il a douze ans.

Il est né en mille neuf cent quatre vingt dix sept.
En 1997.

En 1997, je séchais le collège le vendredi après-midi, et je dessinais des fleurs sur mes baskets.

Lili
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lundi 3 mai 2010

Course à pied

ou il bouffe les mouches de la race de celles qui n'ont plus d'ailes :

18h08.

Je cours super vite.

Fléchie par le vent, les cheveux éparpillés.
J'ai les sens en l'air, ils me poursuivent d'ailleurs.

Je cours pour ne rien rattraper, je cours quand je sais que personne ne me regarde.

En fait, d'abord je marche, tranquille, et ... soudain je cours.
D'un coup.

Je ne fais plus ça quand il y a l'amoureux car il me rattrape.

Et si je me balade la nuit, je cours aussi.
Je connais les chemins par cœur, la place des arbres, des branches ; je ne suis jamais tombée dans les trous.

A la maison, le chat m'attend l'oreille collée sur l'enceinte de la sono : il écoute une balade irlandaise.

Lili


18h et des miettes de cookies partout : j'attends la brune.

Assis en crabe sur le buffet, le cul sur la recette de cookies au chocolat blanc.

Elle a laissé sa musique de hippie à fond.

Quand elle reviendra elle aura des nœuds dans les cheveux, elle ira vérifier sa coiffure dans le miroir, elle sentira un parfum particulier : le frais, la folie, et canaille le loup du voisin.

Elle m'appellera crevette, mais ne me filera pas assez de pâtée au thon.
Alors je fais mon dessert de bébés mouches.

C.

(colonie d'en face)



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dimanche 2 mai 2010

Après

ou quand j'en aurais assez de courir après eux :

Plutard,

Je porterais des chaussettes à fleurs, je me nourrirais exclusivement de gâteaux au beurre salé, je connaîtrais "the big bang theory" par coeur, j'aurais les pieds fripés, j'écrirais des cartes postales sans voyager, je me vernirais les doigts de toutes les couleurs, j'aurais les cheveux violets, et des jupes longues, j'irais au marché en roller, et me balader en forêt avec des baskets Reebook pumps.

Je serais un peu sorcière, un peu enchantée, beaucoup fêlée.

Un polar et une boîte de médoc dans la table de chevet.

Je ferais collection des chats que noir ou que blanc, aussi.



Lili
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