Là bas, c'est le seul endroit où les parapluies sont interdits. J'ai pensé à amener mes bottes, le sac à dos, et le poncho vert en kway.
Le champ est plein à ras bord, une foule de sourire et de mains levées.
Je suis assise sur l'herbe avec ma bière, un despé qui vient souligné élégamment ma semaine de régime sans blé. Bravo.
On va dire que c'est de la tequila.
Un jeune homme me soulève de la foule, je renverse ma despé sur les autres tant pis, et il me prend sur ses épaules. J'y vois mieux perchée ainsi.
J'enfonce mes ongles dans la jungle de ses cheveux, mes jambes à son cou je m'accroche pour ne pas tomber car il a l'air de tituber, vu de là-haut.
Et de là haut, je vois la foule derrière.
Je suis peut être la première à sentir les premières gouttes de pluies.
Une pluie normande qui glace une foule festivalière.
En un soupir, la foule multicolore va se parer de marron verdâtre. On a tous le même k-way moche.
On va tous avoir les joues collées à la capuche et les mèches de cheveux qui nous barrent le visage.
On oublie qu'on aime pas écouter Miossec d'habitude.
On est en enfer tu crois ?
Des fantômes de k-way, aux yeux hagards, parfois troubles ; aux godasses dégueulasses.
Les lacets dans la boue, les mains dans la foule, les genoux boueux, la même crasse sur le dos.
Des fantômes qui dansent dans la boue, les bras tendus, les doigts écartés, pour se frôler en faisant bouuu.
On tape du pied, saute dans les flaques, bouge, saute.
les tâches de rousseur sur le visage, laissés par les traces de boue.
La nuit tombe les étoiles scintillent.
On va dormir dans nos bagnoles, les ailes toutes chiffonnées.
Lili


