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ou demain je change de coté :
Le sommeil a déserté mon lit. Plus précisément, il refuse de se glisser de mon coté de la couette. J'ai tout essayé : la lavande, le tilleul, les massages, les polars, les moutons, partir marcher dans les chemins le soir. Nuits après nuits, rien n'y fait je reste les yeux écarquillés devant mon corps qui ne ressent aucune fatigue. Et chaque matin, je suis étonnée de ne toujours pas ressembler à un panda mal coiffée.Non c'est bien moi dans la glace : mi-gazelle, mi-hippopotame.Lili

ou la saboteuse en chaussettes orange :
Dans l'atelier, mon palmier a donné ses premières bananes.Pendant ce temps là, sur le transat du jardin, je regarde mon copain, qui jardine pour de vrai lui.Moi j'ai mis mes chaussettes carottes, j'ai les cheveux cèleris, le cœur comme un artichaud cru, la betterave aux joues.Le chat s'amuse à tout déterrer derrière le jardinier, qui lui court après.J'ai beaucoup d'admiration pour les semeurs de graines, moi je n'ai pas la patience d'apprendre, je préfère couper les fleurs pour les mettre dans mes petits verres colorés que je sème partout sur mon bureau.Je suis le comble du jardinier.Lili

ou battue dans le village :
Allongée dans l'herbe, je joue à dormir.
Le chat fait du saut de haies par dessus mon ventre.
Il neige du coton : le saule perd ses poils de feuilles.J'ouvre les yeux, il y a deux bonhommes dans le fossé en face.On ne voit que deux chapeaux et un bout de fusil. On dirait deux chasseurs qui jouent à pierre papier ciseaux.D'ailleurs ce sont deux chasseurs qui jouent à pierre papier ciseaux.Il y en a un autre qui soulève une bouche d'égout, en kaki et gilet orange.
Plus loin, un autre se cache derrière la haie de Maurice, je le vois à cause de son gros ventre qui dépasse du bout de la haie.Les deux chasseurs sortent du fossé et viennent me voir :
"Bonjour Madame, vous n'avez pas vu des renards qui jouaient dans le fossé ?".- "ça dépend, des renards qui jouaient à quoi ?
....
ahemmm...bah non y a que mon chat et moi"Et ils s'en vont dans les fossés.
J'ai dit au chat : "supprimé le costume de Renard, c'est fini les bétises".Lili

ou immersion :
Hier, j'ai eu droit au grand tour VIP : la plongée dans le nouveau monde blanc bleu et rose : la visite de la belle maternité.Alors, ce fut fantasque malgré le temps passé à essayer de mettre des chaussons en plastique.Et c'est bon j'ai fait tout mes choix : je veux la gentille sage femme en rose et aux yeux bleus. Celle aux cheveux châtains bouclés qui m'a fait un grand sourire quand je suis passée. Juste, on dirait qu'elle a 17 ans et demi ; mais c'est pas grave elle a les yeux qui disent "pas d'affolage je suis là".Pour la salle d'accouchement c'est également tout vu : je ne suis toujours pas fan des nœuds et des chatons, je veux celle avec les stickers des animaux de la jungle. Faudra pas que j'oublie d'emmener mon paréo vert et jaune pour aller avec le crocodile qui baille à coté du lit.Lili

ou réflexions :Je suis une lectrice de blogs.
J'en lis pleins : je lis des blogs de mamans, des blogs vidéos de filles qui montrent leurs achats sur Youtube, des blogs de mecs, je regarde des blogs de cuisine même, ou des blogs de photos (et pas que de chats), des blogs de geeks, et je savoure même sans honte les blogs de mode.J'ai mon blog ici, le tumblr du chat là, le tumblr de moi plus loin. J'ai même moi parfois un peu de mal à m'y retrouver, et surtout du mal à trouver ma place.Et puis, je me rends compte que je crois tout connaître de certains blogueurs, jusqu'à la couleur de leurs draps (les miens sont en ce moment chocolat au lait). Et au fond, cet étalage de vie privée me met un peu mal à l'aise (mais je continue de les lire bien sûr).
Donc j'étais perdue dans mes réflexions à me demander : je blogoupas ? jesuisquoiquandjeblog? comment? maisouestdoncornicar ? quand je lève les yeux de mon vague et croise le regard de mon bouc.
Mon bouc a le même regard que Patrick Bruel, la même voix aussi, et il est toujours bien peigné mon bouc. Il s'appelle Yopougon.Bon. Et donc Yopougon me regardait...
Mais il me regardait vraiment : pas comme Patrick Bruel cette fois.
J'écarquille un peu les yeux, et attrape mon bouquin "ce cher dexter" que je dévore (parce que dans le bouquin Dexter est un vrai méchant (pas comme dans la série) et ça me plait).Et je re-repose tout d'un coup le bouquin, car j'ai bien cru voir un truc en fait : le bouc n'est pas du tout du bon coté de la barrière ! Pire la barrière est ouverte et il se balade dans mon jardin.Bon, il faut savoir que la dernière fois que je suis entrée dans l'enclos des chèvres, je suis ressortie en courant parce que le bouc essayait soit de bouffer ma robe pull en mohair, soit de me charger avec ses cornes. Donc j'ai peur de Yopougon.
Et là le voilà dehors, et je suis à sa merci.Je prends Dexter avec moi pour me défendre et hurle le nom de mon copain.
Heureusement mon copain arrive vite. Le bouc, lui, prend de plus en plus ses aises et louche maintenant vers mon framboisier.Mon pauvre petit framboisier.Mon copain est là et commence à crier sur le bouc, mais maintenant que celui-ci a vu le framboisier il n'a pas du tout envie de rentrer dans son enclos.C'est donc là que mon copain commence à me dire d'aller me mettre au bout du jardin, là où on a pas mis de portail.Mon rôle, je le comprend, va donc être de boucher le chemin du bouc, pour ne pas qu'il sorte du jardin.Je commence à trouver l'idée moyenne même si je comprend le plan et la répartition des rôles (vu mes 8 kilos en rab je suis en effet la plus à même de boucher le passage. Mon copain étant maigrichon).
Mais il court super vite mon copain.
Quoique....
Comparé à un bouc de 20 cm de haut, pas tant que ça.
Mais bon, mon copain et Yopougon courent en rond dans le jardin, le bouc évitant toujours soigneusement l'entrée de l'enclos.
Finalement, le bouc qui commence à en avoir marre de courir et de se faire hurler dessus par mon copain finit par arrêter sa course devant le potager, et à me faire face, à 2 mètres de moi (ou 1 grand mètre).Et là, je réalise que je porte une superbe tunique rose pétante.Genre presque rouge quoi.Et le bouc commence à frotter sa patte sur la pelouse, hargneusement. Je crois même voir de la fumée verte sortir de ses naseaux.Je mets Dexter (grand format heureusement) devant mon ventre : au moins je vais me comporter en mère devant le danger : je protège mon enfant...Et là, mon copain, le maigrichon arrive par derrière et le chope par les cornes, et hop demi tour il le traine jusqu'à l'enclos, referme le portail.....
Je vis une vie beaucoup trop dangereuse....Du coup, je blog.
Lili
