«Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de n’avoir pas à discuter avec la maréchaussée»
Georges Brassens
(rien à voir avec ce qui suit)
(ou si)
Je ne sors pas de chez moi sans avoir fermé le bouton de la cuisinière 3 fois, sans avoir passé un coup d'éponge sur la table, roulé mes chaussettes en boules, fermé la porte de mon atelier, ouvert la porte de la salle de bain et sans avoir lissé mon porte-clef du bout du doigt.
C'est le printemps : j'ai sorti les draps verts, j'ai perdu mes lunettes de soleil, j'ai retrouvé deux shorts dans le fond d'une vieille valise. J'ai des plumes bleues aux oreilles, les yeux noirs et beige, les pieds vernillés et le chat a un rhume (il renifle toute la journée mais et il prend ses antibiotiques).
Dans la poche arrière de mon short, j'ai retrouvé un ticket de métro passé à la machine.
C'est le printemps : j'ai pris mon premier café en terrasse. Et j'ai lu mon premier roman en terrasse dans mon jardin en fait.
(Paris je me fais les pieds vernillés ici.)
Je repense à mon 50 m2 à Paris, les courses au franprix, les apéros after works, Pigalle, Opéra, les tickets de métros, les chips pas bonnes, les pistaches, le voisin et sa guitare, l'épaule du chatloc, la Gare de l'est, le bus bondé, la petite pharmacienne, les murs violets de ma chambre, le vélib cassé, les pique-niques aux buttes chaumont et le pétillant le dimanche après-midi, Paris la nuit, Paris quand il pleut, Paris quand il fait moche, les pigeons méchants, le cerisier de la place Litz, le mec qui fait Samantha et me sourit à la terrasse du café d'à coté, Sinclair qui boit sa bière devant chez moi, le voisin d'en face et ses bouclettes, les kirs à la violette, les congélateurs pleins de boîtes Picard, les macarons du Marais, les BHV (horreur du samedi après midi), les romans de Sylvie Testud, les films de Christophe Honoré, le chat fou qui a tué mon Yucca, le café Etienne, le H&M des Halles, les bars à vins de Bastille, les restaurant à tapas bondés, la mauvaise sangria, le ciné à 8 euros.
Ici, je suis en terrasse dans mon jardin avec du café meilleur que le café du café, en utilisant la fenêtre de ma douche comme passe-plat (sans renverser).
Je suis mon propre patron, je suis un chef d'entreprise pieds nus et violets. (et j'ai les ongles des mains verts).
Mon amoureux sort de son atelier pleins de sciure, on n'entends plus son rabot grogner.
Il sent le bois coupé et il a de la poussière pleins les cheveux et les cils gris comme un petit vieux.
J'ai des fourmis dans la tête, et j'attends le premier cassis du jardin.
Et je regarde le chat jouer avec sa proie dégueulasse (encore).
(le cimetière d'oiseaux se remplit et mon cahier aussi).
Lili



18 commentaires:
....et j'aime les pieuvres ....la preuve !!!!
Non, pas des pensées inutiles. Des jolies pensées qui sentent bon le printemps. Qui sentent bon le bonheur.
Bonne soirée.
Il est bon ton texte à déguster!!!!
ouais donc pour résumer, la vie à la campagne, ça te botte, c'est ça?
Ca ressemble au bonheur, ça non???
Du bonheur avec un zeste de nostalgie.
Je sais pas si ce sont des pensées inutiles mais elles m'ont ému. Je ne saurais dire pourquoi.
Lili !
Après Pâques... La résurection ! Après plusieurs (plutot beaucoup d'ailleurs) jours d'absence, je reviens sur ton blog... Je suis un vrai Parisien malheureusement, toujours à courir pour rien et partout et j'en oublie de venir ici (cela ne signifie pas par ailleurs que je t'oublie) ! Je ne vais pas tout commenter... mais voilà je reviens ! Et pour me faire pardonner, et comme ma mûre fonctionne à nouveau, on pourra reprendre les photos (si tu veux ! )
Je t'appelle demain !
Bisous
PA
C'est ça, le vrai luxe !
Écris un livre ma Lili, vraiment ...
Toujours aussi agréable de te lire et à effet pétillant garanti !
message perso: les petites graines germant à la lune montante sont tombées dans le jardin 5 étages plus bas. J'attends visibilité suite croissance pour les récupérer.
SINCLAIR ? Ah oui, quand même..
Moi aussi en arrivant à Nantes j'ai regretté Paris, puis en qualité de vie, on réalise vite qu'on est gagnant, et on s'y fait plutôt bien..
Joli billet.
Moi aussi j'ai des tocs ! avant de sortir je vérifie toujours si j'ai éteint la plaque électrique, fermer le frigo, les fenêtres, et surtout si je ferme bien la porte d'entrée ...
SIC: "Faustine a dit…
Écris un livre ma Lili, vraiment ..."
:Pas besoin , tu mets bout à bout tous tes textes et Hop ...direction des éditeurs ...mais voilà!!!! Faut tonmber sur un comité de lecture en adéquation avec leurs projets ...
@ michel : c'est si gentil les pieuvres
@ thé citron : et faut en profiter c'est rare
@ chrys : merci
@ crevette : voilà
@ val : on dirait
@ aude : toujours
@ homecats : tu n'est peut être pas si loin de cet état d'esprit
@ PA : call me !!
@ pierre : le temps
@ faustine : sur quoi ?
@ anne : ici ça pousse surement
@ aude nectar : exactement (merci)
@ papillote : (moi la porte d'entrée je m'en fiche)
@ michel : je ne sais pas quand même
Je ne sais pas ...
Tu me fais chialer en cours. Vilaine!
Bisous Bisous.
@ faustine : moi non plus...
@ nico : mais faut pas pleurer mon petit blond !
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